La technologie c’est bien, ça nous facilite la vie et ça repousse nos
limites techniques toujours plus loin (c’est quand même bien pratique de
pouvoir commander, d’un clic depuis ton canapé, un article uniquement
disponible à Tombouctou.). Cependant, quelles conséquences peut avoir la part
de plus en plus grande que prennent les technologies dans notre vie
quotidienne, et plus particulièrement, dans notre vie professionnelle ?
Cela est-il un signe de la fin prochaine du travail ? Fantasme pour les
uns, crainte pour les autres, essayons donc de creuser un peu la question.
Quelques chiffres...
Penchons-nous d’abord sur les quelques études qui ont été réalisées sur le
sujet.
En 2013, les chercheurs de l’université d’Oxford (qui est quand même une
fac « plutôt » prestigieuse, faut le reconnaitre) prévoyaient la
disparition de 47% des métiers d’ici 2050.
Question : Nous sommes en 2019. As-tu remarqué que ce n’est plus ta
coiffeuse habituelle qui te coupe les cheveux quand tu te rends chez le
coiffeur mais une machine qui analyse ta chevelure et coupe en fonction de ta
demande ? As-tu fais attention en allant chez le médecin au fait que ce
dernier, probablement parti à la retraite, avait été remplacé par un
robot-ordinateur humanoïde ? Non ? Rien de tout cela ? Eh bien
c’est normal, parce que ce n’est pas le cas.
Dans les études ultérieures, on peut remarquer que l’emballement est déjà
moindre :
L’OCDE, en 2016, prévoyait une disparition de 9% des
professions
Plus tard encore, retournement de situation, des chercheurs du Royaume Uni
estimaient carrément une augmentation de 0,5% d’ici 2030.
Tout ça pour dire qu’aucune enquête n’est vraiment fiable au final et que
la question reste entière...
Mais d’ailleurs, d’où viennent donc ces fantasmes de « laisser la place
aux machines » pour pouvoir se la couler douce ?
Il faut, pour comprendre, remonter à la première révolution industrielle.
Avant ça, tout était plus ou moins « manuel », il n’existait pas de
boutons « magique », tout se faisait avec ce que la nature nous
offrait. En bref, on était dépendants d’elle.
![]() |
| Une véritable révolution pour l'époque |
On va alors commencer à voir émerger deux discours bien
différents sur ces avancées techniques et leurs conséquences. Si le premier
discours fait les louanges de la technique et l’inventivité de l’Homme, en mode
« ça y est, on contrôle l’évolution de la planète », le second voit
plutôt le verre à moitié vide, arguant le fait que si nous ne changeons pas nos
modes de production et la façon dont nous exploitons la Terre, nous allons
droit dans le mur. (Discours notamment des Luddites à partir de 1811).
Mais ce que certains prennent alors pour le « début de la fin »
du travail n’est à ce moment-là qu’une fragmentation des taches destinée
à pouvoir employer des ouvriers sans compétences spécifiques (et donc à
justifier une paye moins grande que pour les « skilled workers » tout
en réduisant trèèèès considérablement le temps de production). Le
Taylorisme, ça te dit quelque chose ? C’est ce qu’on appelle « la
mécanisation du travail », qui consiste à faire répéter un même geste,
différent pour chacun, à des employés que l’on place le long d’une ligne de
production afin de produire un objet à la chaîne à l’aide de machines, par
étapes, en un minimum de temps. Plus efficace que de placer 3 ouvriers devant
le matériel nécessaire et de leur dire qu’ils ont une journée pour faire une
voiture, non ?
D'un
remplacement manuel vers un remplacement intellectuel ?
Jusque-là on avait surtout une extériorisation du muscle, qui
permettait quand même d'ouvrir le marché de l’emploi à beaucoup d’ouvriers peu
qualifiés, ce qui est complètement opposé aux craintes d'aujourd’hui concernant
le marché de l'emploi. Mais alors, à quel moment a-t-on commencé à avoir peur
pour nos emplois ?
Comme on s’était dit qu’une révolution industrielle c’était cool mais pas
assez, bin on en a eu droit à une deuxième, qui a encore repoussé les limites
de nos possibilités un peu plus loin.
En avançant un peu dans le temps, jusqu'en 1952, on assiste à
la naissance du 1er ordinateur.
Alors encore loin de ressembler à la petite machine qui traine sur ton
bureau, le mastodonte exclusivement réservés aux chercheurs permettait quand même
d’effectuer des calculs démentiels en seulement quelques heures. C’était quand
même quelque chose à l’époque, après avoir extériorisé nos muscles on en est
arrivé à « sous-traiter » nos pensées.
Ces « ordinateurs » se sont ensuite déployés dans toutes les
formes autour de nous, sans forcément que nous nous en rendions pleinement
compte. Pour la petite anecdote, en rentrant dans un restaurant de sushis
lorsque j’étais au Japon, j’ai une fois eu la surprise de me retrouver face à
un petit robot tendant un écran aux clients afin qu’ils y indiquent le nombre
de personnes du groupe, pour leur indiquer ensuite un numéro de table. Pratique
pour économiser un employé d’accueil, n’est-il pas ?
Si la technique industrielle sert plutôt bien l’Homme dans le domaine de
l’emploi, la technologie semble, elle, y prendre peut-être un peu trop de place
au fil des années.
Au final, danger ou
pas danger ?
Il y a tout de même certaines nuances à apporter. Il existe une certaine
confusion entre métiers et taches : un
métier est généralement composé de dizaines de taches différentes, et bien que
la technologie permet à l’Homme de s’en délester de quelques-unes, elle en crée
également d’autres. Alors certes, certaines taches ont tendance
à disparaître au fil des années mais il ne pas omettre le fait que,
généralement, si elles disparaissent quelque part, elles réapparaissent
ailleurs sous une autre forme.
Tu veux un exemple ? Quand tu partages une vidéo YouTube d’un artiste sur ton mur Facebook, bin c’est un peu comme si tu « travaillais » pour lui, car tu participes à son opération de communication, et gratuitement en plus de cela !
L’Homme a donc, depuis la première révolution industrielle des craintes
quant à l’influence de ces machines dans le futur, mais le futur de cette
époque, bin c’est aujourd’hui. Est-ce que la situation est vraiment
apocalyptique ? Loin de là. Les gens ont donc plus tendance à constamment
se concentrer sur le futur alors que l’automatisation, bin c’est le
présent les gars ! Donc on se relaxe, on respire, ce n’est pas
demain qu’on se fera gouverner par des robots humanoïdes, il y aura TOUJOURS des
cerveaux derrières…
La question est donc aujourd’hui moins la fin du travail que celle de
la digitalisation du travail, à commencer par la digitalisation
de la pensée. Ce sera le sujet de la deuxième partie de notre thématique
samedi prochain. D’ici là si tu as des questions à poser, des commentaires à
formuler, un numéro de carte bleue à renseigner (bon ok pas ça), l’espace
commentaire est là pour toi. N’hésites
pas à laisser un petit message.



Commentaires
Enregistrer un commentaire